oct 11

les leçons sur le Sensible : Leçon 4 : Petite leçon sur la loi de non prédominance

La « loi de non prédominance » : l’âme du paradigme du Sensible

L’appartenance philosophique du Paradigme du Sensible s’inscrit dans la « dialectique de la critique des oppositions » de Merleau-Ponty (1954) qui proposa le « chiasme » comme refus des oppositions. Œuvrer pour l’entrelacement des contraires a été un but constant dans ma vie d’homme et de chercheur, ayant depuis toujours une méfiance envers les attitudes extrêmes qui font perdre la nuance et le respect de la diversité. C’est donc tout naturellement que j’ai refusé le principe de la dualité corps/esprit en proposant un modèle d’unité et d’accordage entre les deux et que j’ai œuvré contre la séparation entre l’objectivité et la subjectivité, entre l’extériorité et l’intériorité, entre le visible et l’invisible. Cette posture n’a pas été dictée par une idéologie quelconque, elle a été animée par une « pensée de situation » se tenant avant le clivage réflexif, et qui se manifeste dans l’expérience du Sensible.

Cette dimension est l’âme du paradigme du Sensible, elle dévoile l’esprit qui m’a animé dans sa construction et permet de comprendre pourquoi j’ai postulé pour une étoffe commune entre le corps physique et le corps subjectif, entre la perception et la cognition, entre le dehors et le dedans, entre la réflexion et le ressenti et entre les sciences positives et qualitatives. Cette quête de l’indivision anime naturellement la posture de recherche sur le mode du Sensible à partir de laquelle le sujet se tient dans un lieu de neutralité d’où il pénètre les données.

oct 11

Les leçons sur le sensible – Leçon 5 : Retour sur la posture et l’attitude de praticien-chercheur

J’ai mentionné dans la leçon trois l’importance pour le chercheur d’épouser la posture du Sensible dans laquelle il assume sa sensibilité expérientielle. Je voudrais revenir sur la notion de recherche depuis le lieu du Sensible et mieux la définir sous l’angle de l’attitude. Le courant des sciences qualitatives fait en effet la différence entre la posture et l’attitude du chercheur : « La posture concerne ‘qui je suis’ du point de vue théorique large, au moment de l’enquête, alors que l’attitude relève du ‘comment’ : comment je vais considérer, approcher, appréhender, traiter les données de l’enquête » (Paillé & Mucchielli, 2008, p. 83) Lire la suite

oct 09

Les Leçons sur le Sensible – Leçon 6 à l’usage des étudiants de second et troisième cycle universitaire : Le modèle de la dynamique de recherche anticipation / émergence

Cet article intitulé « La dynamique de recherche anticipation / émergence : approche catégorielle innovante du récit autobiobiographique d’une patiente ayant traversé l’épreuve du cancer » a fait l’objet d’une communication lors du colloque organisé par le réseau international francophone de recherche qualitative (RIFReQ) qui s’est tenu à Montpellier en juin 2011

La construction d’une méthodologie de recherche s’inscrit nécessairement dans des concepts fondamentaux et des applications pratiques. Cette communication présente le modèle de la dynamique de recherche anticipation/émergence et le projet qu’il porte : Comment articuler la dynamique anticipatrice avec la dynamique créative et émergente ? Dans cette perspective, la notion d’anticipation ne renvoie pas seulement au fait de « prévoir », mais concerne aussi la dynamique  de réciprocité  créative qui s’instaure entre le chercheur et les données qu’il étudie. C’est dans cet esprit que nous avons formulé les six étapes de la dynamique de recherche anticipation/émergence appliquée au récit autobiographique d’une étudiante qui a traversé l’épreuve du cancer. Notre propos ici ne vise pas l’analyse exhaustive du récit autobiographique en question, mais présente  l’organisation et l’agencement des différentes étapes de l’analyse sous l’éclairage de la dynamique de recherche anticipation/émergence.

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