Les leçons sur le Sensible – Leçon 3 : états d’âme d’un chercheur aux prises avec ses choix épistémlogiques

J’ai jusque là passé une grande partie de ma vie intellectuelle à me confronter aux travaux des autres scientifiques, une confrontation le plus souvent riche et féconde mais qui ne répond pas à toutes mes interrogations concernant la dimension du Sensible. Cette insatisfaction s’inscrit dans toute démarche scientifique puisque comme le précise Bachelard : « Tout savoir doit être à tout moment reconstruit » (1999, p.8 ).

Je souhaite ici et c’est mon contrat, parler de la façon la plus simple possible d’un sujet éminemment complexe sans pour autant m’éloigner d’une mise en discours rigoureuse. Les « leçons sur le Sensible » me donnent l’occasion de livrer mon propre mouvement intellectuel sans me préoccuper de la forme codifiée exigée par la science.

Les deux premières leçons ont contribué à réhabiliter la subjectivité corporelle comme objet de recherche et comme lieu d’expression de soi au cœur d’une expérience intériorisée et intime. En procédant ainsi, j’ai posé les premières pierres de l’édifice du paradigme du Sensible. Dans cette perspective, le terme Sensible emporte une dimension qualitative qui pointe la résonance subjective accompagnant tout vécu corporel. Derrière cet enjeu paradigmatique, j’ai le souhait de communiquer autour du concept de la vie qui invite à toucher la vie en soi dans ses manifestations les plus nobles. La vie est cernée dans une temporalité providentielle dont on ne connaît pas la durée. Tant que le cœur bat, que le sang circule à travers le corps, que la pensée se manifeste et que la conscience demeure, nous sommes vivants. Pourtant, quelque chose en l’homme situé dans sa profondeur sait que la vie n’est pas que cela et qu’elle ne peut être réduite à cela. Il y a dans le vivant, une tonalité de la vie qui se manifeste dans un lieu Sensible du corps.

J’ai fait le choix de faire du Sensible un objet de recherche afin de mieux comprendre comment la vie se ressent dans chacun des hommes, comment elle se montre dans l’intimité de la chair et comment elle contribue à l’enrichissement de la vie. Le terme Sensible ne porte pas en lui une dimension de sensiblerie et de sensibilité au sens communément admis, mais représente la manifestation du Vivant dans sa dimension la plus incarnée et la plus heureuse.

Cette thématique de recherche n’est pas innovante, la philosophie et notamment la phénoménologie s’intéressent à la vie qui s’éprouve en soi comme l’illustre le propos de M. Henry : « Ce mouvement de la vie est un mouvement radicalement immanent, c’est le mouvement se mouvant en soi même en lequel une vie se donne et se révèle à soi sans jamais se quitter soi-même, sans jamais se défaire de soi » (Henry, 2003, p. 201). Évidemment, le concept de la vie présenté par M. Henry ne s’attrape pas facilement pour le profane, il demande pour être appréhendé une démarche réflexive subtile associée à l’expérience vécue de la vie en soi. Vue sous le prisme de la phénoménologie, la vie se manifeste sous la forme d’un mouvement à l’intérieur de soi (puisqu’il est radicalement immanent) et nous révèle à nous-mêmes en tant qu’être vivant en proximité avec soi.

 

Première esquisse épistémologique et méthodologique

Depuis de nombreuse années, je tente de cerner le mouvement de la vie incarné et de le mettre en lumière sous l’éclairage du témoignage des personnes qui expérimentent le Sensible. Pour pénétrer la dimension du Sensible, trois remarques s’imposent. La première implique une conversion du sens commun donné au corps souvent entrevu à tort comme « corps objet » ou « corps extérieur » dépourvu en quelque sorte de sensibilité. Si le corps humain est certes un objet, dans la mesure où on peut le contempler de l’extérieur et se le représenter en image, il est avant tout le lieu où s’exerce toute la vie sensible de l’humain. Le témoignage des personnes va dans le sens d’un corps ressenti depuis l’intériorité, composé de vécus intimes, intenses et singuliers. (voir leçon 2). Le contenu et la richesse des témoignages m’ont amené à questionner la nature et les caractéristiques de l’expérience du Sensible sous l’angle de la phénoménologie. Un questionnement qui se décline de la manière suivante : que signifie traiter la question de l’expérience de soi dans une perspective phénoménologique ?

Un des objectifs de M. Merleau-Ponty, autre phénoménologue français, est de proposer une compréhension neuve de l’homme présent à lui-même, au monde comme à autrui et d’explorer le lien charnel entre le corps et le monde. Il nous invite à nous « enfoncer dans le monde », à « pénétrer le silence ». Cette notion est centrale dans ma recherche. Je l’ai enrichie en développant particulièrement la question de la présence de l’homme à lui-même et à son propre corps. Il s’agit là d’une relation de soi à soi comme condition de saisie du Vivant en soi. Ce cheminement vers le vivant en soi n’est ni égotique, ni narcissique, mais s’avère au contraire être le primat d’une relation de qualité à autrui et au monde. Je n’œuvre pas seulement pour le retour à la singularité de l’homme, mais pour l’ouverture à la pluralité garante d’un « savoir vivre ensemble » au-delà des différences. (La question de l’altérité sur le mode du Sensible fera l’objet d’une autre leçon).

La deuxième remarque invite à considérer le Moi en tant qu’acteur d’une relation de réciprocité entre soi et l’expression de la vie intérieure. Quand j’utilise le terme Vivant en soi, je l’envisage en tant que force de vie passive intrinsèque du Vivant, véritable force d’autorégulation se donnant sous la forme d’un mouvement interne qui anime la matière du corps et participe au renouvellement de la personne. Dans ce cas, « être vivant » c’est « se vivre », « s’éprouver soi-même » au cœur de sa chair, et c’est aussi être en perpétuel changement dans ses instances réflexives et intellectuelles. En effet, comme le témoignent les personnes, accéder à la profondeur de l’intériorité du corps ouvre l’accès à la profondeur de la vie réflexive.

La troisième remarque concerne la dynamique de la recherche scientifique. Une certaine science à laquelle je n’adhère pas, revendique la distance avec la subjectivité humaine s’interdisant du même coup d’étudier le ressenti et les vécus de la personne. Vivre et témoigner de sa propre expérience constitue pourtant un premier niveau d’exploration qui mérite le statut d’« expérience scientifique » dans la mesure où elle est le socle d’une nouvelle connaissance. En portant ainsi le regard sur le Vivant en soi, de nouvelles perspectives s’offrent à la philosophie et à la recherche en sciences humaines et sociales. En somme, cette approche du Vivant s’appuie avant tout sur l’expérience intime qui se donne grâce à un tact intérieur capable de convoquer et de dynamiser la nature sensible de l’homme. Cette conception de l’expérience Sensible mérite que l’on s’y attarde au plan scientifique car elle révèle une vie phénoménologiquement effective pouvant faire l’objet d’une description de la part de celui qui l’expérimente.

Lorsque j’ai crée le Centre d’Étude et de Recherche Appliquée en Psychopédagogie perceptive il m’a fallu élaborer une méthodologie de recherche qui soit en phase avec l’étude des potentialités perceptives de la nature humaine. Ce projet nécessitait une meilleure connaissance de la relation de proximité qu’un sujet pouvait instaurer entre lui et son corps. J’avais derrière moi trente années d’expérience de l’exploration du corps à travers les pratiques du Sensible (fasciathérapie et somato-psychopédagogie). Il apparaissait clairement que si je voulais savoir quelque chose sur la modalité relationnelle qu’un sujet pouvait entretenir avec lui-même et avec son corps, il me fallait questionner la relation et la qualité de présence au corps. J’élaborais une méthodologie de recherche qualitative instrumentalisée qui s’appuyait sur la relation corporelle. Les instruments pratiques des métiers du Sensible me semblaient adéquat pour explorer les potentialités perceptives. En effet, dans ma thèse doctorale, j’avais mis en évidence le caractère éducable de la perception de soi lorsque les personnes étaient sollicitées par la médiation manuelle, gestuelle, introspective et verbale sur le mode du Sensible. Cette instrumentalisation à médiation corporelle permettait de créer les conditions d’expérience du Sensible, de mobiliser les ressources perceptives et attentionnelles en lien avec cette nature d’expérience, et enfin d’objectiver et d’analyser les contenus de vécu du Sensible. Sur la base de ces mises en situation pratique est né le modèle de l’expérience extraquotidienne (Bois, 2007) ainsi nommée par opposition à (ou en complément de) l’expérience quotidienne. L’expérience extraquotidienne implique qu’elle se déroule dans des conditions non usuelles et non naturelle et qu’elle mobilise des ressources nouvelles capables de saisir la subjectivité corporelle et de lui donner sens. On parle souvent dans les démarches qualitatives de l’implication du chercheur, mais on aborde rarement l’implication du participant à la recherche. Cette considération constitue aujourd’hui un élément central de la recherche sur le Sensible. Le praticien chercheur du Sensible assume son « ingérence neutre » en créant les conditions d’expérience, en sollicitant activement la mobilisation perceptivo cognitive du participant et en réalisant une démarche herméneutique qui s’appuie sur sa sensibilité théorique et expérientielle.

La première mise en situation pratique pour ouvrir le participant à la dimension Sensible de l’expérience a été la situation de relation d’aide manuelle telle qu’elle est proposée en fasciathérapie et en somato-psychopédagogie. Ainsi, de geste soignant, le toucher manuel est devenu un lieu d’expérience et du même coup un instrument précieux pour la recherche. Puis j’ai utilisé la pédagogie gestuelle qui crée un niveau d’éveil de la perception d’une autre nature, plus active sollicitant une présence de la personne au cœur de son action. J’ai fait également appel à l’introspection sensorielle qui favorise le lien avec l’intériorité vivante et profonde et enrichit la vie réflexive profonde de la personne. Prise dans ce sens, l’introspection Sensorielle permet d’observer aussi bien les états physiques que mentaux.

Contemporainement, je me suis appuyé sur les méthodes d’entretien verbal utilisées dans l’accompagnement somato-psychopédagogique. A travers cet espace de parole, j’accédais aux temps forts de l’expérience du participant, et à l’amorce de son processus réflexif relié à l’expérience du Sensible. Enfin, j’avais mis en place des espaces d’écriture descriptive de l’expérience sous la forme de journaux de formation ou de récits d’analyse de pratique qui me permettaient de recueillir les contenus de vécu sous une forme plus réfléchie et a posteriori de l’expérience. De fil en aiguille, les mises en situation extraquotidiennes s’intégraient totalement à ma dynamique de recherche en devenant le terrain d’exploration.

L’adoption du modèle de l’extra quotidienneté généra quelques tensions épistémologiques chez certains chercheurs du courant des sciences qualitatives. La recherche qualitative est la plus indiquée pour étudier les contenus de vécu et l’expérience singulière des personnes, mais elle est habituellement menée dans un contexte naturel et quotidien. En proposant le modèle de l’extra quotidienneté je dérogeais à cette règle d’or. D’une certaine manière, et de façon assumée, j’influençais non seulement le terrain de l’expérience mais aussi l’attention du participant que j’orientais vers le lieu d’expression du Sensible. Je n’avais guère le choix pour étudier les potentialités de la nature humaine, soit je respectais les règles de l’art de la recherche qualitative et renonçais à étudier les zones inexplorées de la nature humaine, soit j’optais pour l’étude des potentialités en créant une méthode de recherche capable d’actualiser les potentialités perceptives humaines, de les saisir et de les analyser. L’extra quotidienneté s’est finalement avérée incontournable pour actualiser les potentialités de la nature humaine et notamment les potentialités perceptives en tant que ressource la plus adaptée pour explorer la subjectivité du corps, la relation à soi et au monde et développer l’intelligence en lien avec la sensorialité.

 

La posture du chercheur du Sensible

La posture que j’adoptais était imprégnée par mon expérience propre du Sensible. J’observais et analysais les catégories du Sensible depuis un lieu de moi qui était animé par la vie foisonnante du Sensible. J’avais remarqué que cette imprégnation rendait plus performante ma façon de saisir les données, de les reconnaître et de les comprendre. De ce constat est né le modèle de la posture de recherche spécifique à l’étude du Sensible, je la nommais la posture du Sensible à partir de laquelle se déployaient toutes les opérations perceptives, cognitives et intellectuelles.

Pour adopter cette posture, il y avait un préalable, connaître par l’expérience les vécus du Sensible. En effet, je n’imaginais pas la possibilité de mener une recherche sur le Sensible sans l’avoir expérimenté, sans faire appel à un référentiel connu qui creuse le sillon menant à une plus grande intelligibilité des contenus de vécu apparaissant dans les témoignages recueillis et en l’absence de référentiel, je ne voyais pas comment le chercheur pouvait extraire les vécus émergents. Mon ami et méthodologue de renom, P. Paillé relève également l’importance du référentiel expérientiel : « L’homme ne naît pas seul et ne connaît pas seul, il lui est impossible de faire l’expérience de quoi que ce soit en l’absence d’un univers de références, lequel forme le creuset de son expérience » (2008 , p. 71). Ce qui est vrai pour l’homme en général l’est encore plus pour le chercheur dès lors que son projet est de traiter la subjectivité corporelle éminemment intime et singulière. Dans le respect de cette mouvance, et en m’appuyant sur une échelle de valeurs perceptives auto référencée, j’engageais tout un processus de reconnaissance des données en lien avec le Sensible et développais un ensemble d’opérations intellectuelles créatrices.

Finalement, ma posture du Sensible s’exprimait à trois moments de la recherche, celui où je créais les conditions de l’expérience extraquotidienne, celui où j’élaborais le recueil de données et enfin, celui où je l’analysais. Il me semblait logique d’inscrire les mises en condition extraquotidiennes dans la section réservée à la méthodologie de recherche puisque sans cette procédure, les données liées au Sensible ne seraient pas apparues rendant alors la recherche caduque.

La posture du Sensible que j’adoptais allait bien au delà de la dimension perceptive, elle sollicitait fortement mon attention et mes intentions dans ma dynamique de projet et d’interprétation. En acceptant l’imprégnation du Sensible dans ma posture de chercheur, j’étais conscient que cela posait problème pour la communauté scientifique car ce que je proposais, était, en apparence, en contradiction avec la fameuse distance épistémologique imposée par la recherche scientifique. La recherche sur et depuis le Sensible nécessitait un degré d’implication paroxystique primordial qu’il fallait argumenter afin d’éclairer la portée épistémique de cette posture. Je posais des actes clairs pour définir la nature de relation que j’entretenais dans les trois moments de la recherche afin de les rendre intelligibles.

Progressivement est apparu le terme réciprocité pour définir le mode de relation qui se mettait en mouvement dans la dynamique de ma recherche. Cette nature de relation concernait autant le mode du sentir que celui du réfléchir. Ces deux modalités perceptive et cognitive contemporaines s’activaient en temps réel de l’action extraquotidienne et de l’analyse des données. J’utilisais pour définir cette nature de la relation un oxymore : la distance de proximité que je transposais dans la dynamique de l’analyse des données.

Je me sentais en effet en proximité quand mon degré de présence et d’écoute entrait en réciprocité avec les données, le terme empathie me paraissait insuffisant pour définir le degré d’intensité porteuse d’une mise en action où s’entrelaçaient des ‘ressentis pensés’ ou des ‘pensées ressenties’ à la fois spontanés, immédiats et ancrés dans ma chair. Ce degré d’implication n’avait pas seulement pour vocation de capter les contenus de vécu signifiants, mais de convoquer des contenus de vécu « insignifiants » qui devenaient signifiants sous la force agissante de la réciprocité. Le choix du terme proximité n’était seulement lié à une modalité relationnelle sur le mode du ressenti, il était également justifié par la relation cognitive qui permettait une construction d’ensembles cohérents des phénomènes. Sur la base d’un référentiel de connaissances théoriques et expérientielle, je rentrais en proximité de connaissance avec un ensemble cohérent de mises en relation et dégageais un premier niveau de reconnaissance et de compréhension des phénomènes. Sur la base de ces ensembles les plus significatifs, j’étais en mesure d’extraire les émergences singulières. Traditionnellement, les chercheurs qualitatifs attribuent à l’intuition cette arrière scène d’émergence de sens et de significations, mais ici, les faits de conscience et de connaissance émergeaient de la relation au Sensible, ce qui le différenciait de l’intuition.

Au cœur de la proximité, je n’étais pas fusionné, ni confondu avec les données, je percevais nettement une mise à distance qui me donnait un sentiment de « doublitude » où coexistaient un ‘je qui observe’ et un ‘je’ qui perçoit’ autrement dit, un ‘je’ qui analyse’ ce qui émergeait de la réciprocité de relation avec les contenus de vécu et les données. La distance de proximité offrait une compréhension de ce que les phénoménologues nomment l’épochè. En effet, la posture de distance de proximité est rendue possible grâce à une mise en suspension de tous les acquis et les présupposés. Aujourd’hui, j’ai l’intime conviction que le lieu du Sensible favorise la praxis de l’épochè permettant l’émergence et la saisie des phénomènes de sorte que apparaître signifie comme le souligne M. Henry : « venir dans la lumière, la clarté, c’es-à-dire, ‘ce à l’intérieur de quoi quelque chose peut devenir visible, manifeste en lui-même’ » (2003, p. 200)

A ce jour, j’associe à la distance de proximité, la posture de neutralité active qui résulte d’une subtile coexistence de non-prédominance entre la « volonté de » et le « laisser faire » qui caractérisent l’observation et l’analyse du chercheur. Ce sentiment de non-prédominance incarne de façon remarquable le degré de suspension qui permet à tous les possibles d’exister et d’apparaitre. Cela demande de se tenir dans une attente ouverte, qui laisse venir à soi une information interne qui porte un sens jusqu’alors non perçu. La neutralité est donc cette attitude d’ouverture à toutes les informations qui se donnent dans l’immédiateté du champ perceptif, tandis que la part active réside dans l’effort soutenu à préserver le lieu de suspension. Il s’agit là de réelles compétences qu’il faut apprendre à déployer pour mettre en action cette doublitude qui allie l’acte et le non acte comme point d’émergence d’une intense mobilisation perceptive, cognitive et intellectuelle. Dans cette atmosphère particulière, le chercheur accède à un sentiment mystérieux de réciprocité avec le matériau de recherche.

En guise de conclusion, la possibilité pour le chercheur de développer une dynamique de recherche ancrée sur l’expérience vécue du corps me semble précieuse pour nourrir le débat autour des potentialités de la nature humaine dans les sciences humaines et sociales. Mettre en œuvre une procédure qui actualise les potentialités perceptives est pertinente dans la mesure où l’extra quotidienneté favorise l’émergence de phénomènes inédits qui offrent une compréhension nouvelle de l’homme dans son rapport à son intériorité vivante. Nous sommes là face à une interrogation majeure : L’homme peut-il entrer en plus grande proximité avec lui-même et en quoi cette proximité de présence aurait elle un impact sur les différents secteurs de sa vie ? Il s’agit là d’explorer des pans de la nature humaine qui sont encore à l’état de potentialités.

La posture épistémologique proposée est elle aussi innovante par son caractère assumé d’« ingérence neutre » dont la vocation est de convoquer des phénomènes qui demandent pour apparaître d’être mis en mouvement par une action qui altère un état ancien, des habitudes perceptives et cognitives ainsi que le champ des représentations. C’est en quelque sorte le « prix à payer » pour comprendre ce qui ne se donne pas naturellement chez l’homme et dans l’homme

La prochaine leçon abordera ma vision de l’accompagnement des étudiants qui mènent une recherche en master ou en doctorat en psychopédagogie perceptive. Cette thématique me donnera l’occasion de développer la méthodologie de recherche mise à l’œuvre dans le paradigme du Sensible.

 

Bibliographie

Bachelard G. (1999) La formation de l’esprit scientifique, Librairie philosophique, Paris : Vrin

Bois, Danis. (2006), Le moi renouvelé, Paris : Point d’appui

Bois, Danis. (2011), Leçons sur le Sensible N°1 et 2, http://danis-bois.fr

Henry M. (2003), De la phénoménologie, Paris : PUF

Merleau-Ponty M., (1945), La phénoménologie de la perception, Paris : Gallimard

Paillé, P. (2008) L‘analyse qualitative en sciences humaines et sociales, 2ème éd, Paris : Armand Colin

Cerap : http://www.cerap.org

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